Des solutions innovantes en Laryngologie

    Depuis sa création en 2005 PROTiP s'est attachée à concevoir des implants résolument innovants pour les patients souffrant de trouble du Larynx. Nos efforts actuels se portent sur la finalisation d'un implant définitif permettant aux patients ayant subi une laryngectomie totale de pouvoir à nouveau respirer par les voies naturelles et ainsi de ne plus devoir supporter de trachéotomie.
 
Remarque: nos produits sont actuellement en phase d'essais cliniques et ne sont donc pas encore disponibles pour les patients.

Historique détaillée premiere implantation larynx artificiel

 

 

Le patient, un homme de 65 ans, a été admis au service d'oto-rhino-laryngologie des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg pour un cancer du larynx. Fumeur chronique, un cancer des cordes vocales lui avait été déjà diagnostiqué en 2002 et il avait subi une laryngectomie partielle la même année.

En avril 2012 la récidive du cancer amène la commission médicale à recommander une laryngectomie totale.

L'équipe chirurgicale propose alors au patient une reconstruction laryngée grâce au larynx artificiel.

Au terme de discussions approfondies avec l'équipe chirurgicale concernant les risques et les avantages liés à cette procédure encore expérimentale, le patient donne son accord pour l'intervention pratiquée dans le cadre d'une étude clinique contrôlée conduite par les Hôpitau Universitaires de Strasbourg.

  • La première étape a lieu en juin 2012 : Lors de la  laryngectomie totale la première partie du larynx artificiel, une bague trachéale en titane poreux , est alors implantée. Pendant les quelques semaines qui suivent le patient effectue plusieurs visites de contrôle pour que l'équipe chirugicale s'assure de la quaité de l'intégration de la bague trachéale dans les tissus qui l'environnent. Le traitement par radiation et chimiothérapie est repris 6 semaines après la laryngectomie.

 

  • La seconde phase de l’implantation du dispositif Larynx Artificiel est conduite en novembre 2012. Un système de valves est inséré sous endoscopie (par voie bucale) et sous anesthésie générale. La vocation du système de valves est de recréer le carrefour aérodigestif.

 

  • Durant les mois qui suivent, le patient qui a conservé sa trachéotomie pour des raisons de sécurité, respire l'essentiel du temps par la trachéotomie. Au cours des nombreuses visites de contrôle l'équipe chirurgicale vérifie dans quelle mesure le dispositif larynx artificiel permet la restauration des fonctions de respiration et de déglutition.

 

  • En mai 2013 l'équipe chirurgicale décide d'explanter le dispositif. En remplacement une trachéostomie est pratiquée.

 

Cette première implantation du dispositif complet a ainsi permis de valider le concept de l'intervention et de la procédure d'implantation. 

Il reste encore un long chemin à parcourir, tant au niveau de la conception du dispositif que de la procédure chirurgicale, pour que cette intervention devienne une procédure de routine .

C'est la tâche à laquelle s'attellent nos équipes pour la période à venir.

La laryngectomie totale a ce jour

 

Les carcinomes épidermoïdes des voies aéro-digestives supérieures représentent en France une pathologie dont l’incidence reste élevée, L'Association nationale des mutilés de la voix qui regroupe les patients laryngectomisés estime que le nombre de personnes concernées atteint 20.000 dans l'Hexagone. Même si les cancers du larynx et de l'hypopharynx sont en diminution, la France garde le taux le plus élevé en Europe avec 4.226 nouveaux cas recensés en 2000. La plupart des patients se présentent toujours à un stade localement avancé (stades III et IV).

La préservation laryngée est l’une des préoccupations majeures ces dernières décennies et fait l’objet de recherches cliniques intensives. En cas de tumeur évoluée, l’option chirurgicale reste le plus souvent la laryngectomie totale, avec son retentissement sur la qualité de vie, pas tant du fait de la perte de la voix, que de la présence d’un trachéostome définitif aux conséquences particulièrement délétères. La première laryngectomie totale effectuée en 1873 par Billroth et quelques années plus tard la première chirurgie partielle laryngée effectuée par le même opérateur avait déjà démontré la possibilité d'une préservation possible de la fonction laryngée par une chirurgie non mutilante. Il en a été de même avec le traitement non chirurgical suite à la première irradiation datant du début du 20e siècle. La chimiothérapie d’induction dans les années 70 avec radiothérapie séquentielle puis la chimiothérapie concomitante depuis une dizaine d’année a permis progressivement d’optimiser les résultats, cette alternative thérapeutique devenant un standard en terme de préservation laryngée. Chirurgie partielle (laryngectomies partielles supracricoïdiennes, hémilaryngopharyngectomies), incluant l’essor récent de la chirurgie laser endoscopique, radiothérapie classique et hyper fractionnée, chimiothérapie d’induction et/ou concomittante, nouvelles thérapeutiques ciblées (modulation des voies de signalisation cellulaires comme l’EGF -Epidermal Growth Factor-, surexprimée dans plus de 80 % des carcinomes épidermoïdes des voies aéro-digestives supérieures) montrent la remarquable activité en terme de recherche clinique ces dernières années et démontre la farouche volonté des chirurgiens cervico-faciaux de préserver un organe dont la mutilation définitive reste malgré tout un échec. 

En effet, la ventilation du patient laryngectomisé se rapproche de la situation des patients qui présentent une obstruction nasale chronique et sévère avec respiration buccale. Les 5 fonctions essentielles du nez i.e filtration, réchauffement, humidification et accélération de l’air pour une meilleure oxygénation tissulaire ainsi que l’olfaction ne sont plus présentes. La perte de la toux par absence de fermeture/ouverture brutale du larynx est une autre conséquence et participe à la survenue d’un encombrement bronchique.

A cela s’ajoutent des facteurs psychologiques (sentiment de perte d’intégrité physique lié à la présence de l’orifice de trachéostomie) et physiologiques qui pèsent sur la qualité de vie.

 

Le nombre de laryngectomies totales (environ 1800/an actuellement) a donc fortement diminué ces dernières décennies suite aux innovations thérapeutiques successives, mais reste encore trop important, justifiant la recherche de solutions de réhabilitation laryngée quand la laryngectomie s’est révélée nécessaire.

La très grande majorité des travaux des différentes équipes dans le monde s’est axée sur la restauration de la fonction phonatoire, mais aucune technique n’a encore réussi à supprimer l’orifice de trachéostomie, imposant de rétablir un passage commun entre les voies de la respiration et de la déglutition. Si l’alimentation et la fonction phonatoire peuvent encore être suppléées après une telle intervention (rééducation œsophagienne, implant placé entre la trachée et l’œsophage),  la respiration par voie naturelle n’est plus possible. Les patients sont contraints de porter un orifice de trachéostomie définitif, ce qui constitue un handicap majeur, avec toutes les conséquences socio-économiques que cela comporte